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Sommaire

  1. 1. Qu’est-ce qu’une carence nutritionnelle ?
  2. 2. Quels sont les principaux types de carences nutritionnelles ?
  3. 3. Pourquoi les carences nutritionnelles sont-elles fréquentes ?
  4. 4. L’analyse de nos experts : quels facteurs favorisent le manque en vitamines et minéraux ?
  5. 5. Carences en vitamines vs carences en minéraux : quelles différences ?
  6. 6. Comment reconnaître une carence légère ou plus importante ?
  7. 7. Nos conseils d’experts pour prévenir les déficits en nutriments
  8. 8. La routine recommandée par nos experts pour maintenir un bon équilibre nutritionnel
  9. 9. Les nutriments indispensables pour soutenir l’organisme au quotidien
  10. 10. Carences nutritionnelles et mode de vie : alimentation, stress et fatigue
  11. 11. Quand consulter un professionnel de santé ?
  12. 12. Retrouvez tous nos compléments pour les carences nutritionnelles
  13. 13. Questions fréquentes sur les carences nutritionnelles
  14. 14. Nos vidéos sur la nutrition
  15. 15. Nos articles pour mieux comprendre et prévenir les carences nutritionnelles

 

Fatigue persistante, somnolence, vertiges, chute de cheveux, ongles cassants : ces symptômes du quotidien sont parfois le reflet d’une carence nutritionnelle installée à bas bruit. En France, plus d’un adulte sur deux présente au moins un déficit en vitamines ou en minéraux, sans nécessairement en avoir conscience.

Nos experts en nutrition, en épidémiologie nutritionnelle et en micronutrition analysent dans ce guide les mécanismes des carences alimentaires, les facteurs de risque, les signes d’alerte et les stratégies de prévention concrètes. Du bilan vitaminique à la complémentation personnalisée, en passant par les ajustements alimentaires, vous trouverez ici des réponses précises pour maintenir un équilibre nutritionnel durable. Que vous cherchiez à comprendre un manque de carence identifié lors d’un bilan sanguin ou à prévenir des déficits par l’alimentation, ce guide rassemble les recommandations fondées sur les données scientifiques les plus récentes.

 

Qu’est-ce qu’une carence nutritionnelle ?

Par définition, une carence nutritionnelle désigne un apport insuffisant ou une absorption défaillante d’un ou plusieurs nutriments indispensables au fonctionnement de l’organisme. On distingue le déficit (apport inférieur aux besoins optimaux, sans signe clinique franc) de la carence avérée (apport très insuffisant, avec manifestations cliniques). Le Pr Serge Hercberg, épidémiologiste et nutritionniste à l’université Sorbonne Paris Nord, concepteur du Nutri-Score et investigateur principal de l’étude NutriNet-Santé, rappelle que les déficits modérés sont nettement plus fréquents que les carences sévères dans les pays industrialisés, mais que leurs conséquences sur la santé à long terme ne doivent pas être sous-estimées.

Les nutriments concernés se répartissent en deux grandes familles : les vitamines (A, B, C, D, E, K) et les minéraux/oligo-éléments (fer, zinc, magnésium, sélénium, iode, calcium). Chacun remplit des fonctions spécifiques et un déficit, même modéré, peut perturber des centaines de réactions métaboliques. Le terme « manque de carence », souvent recherché par les patients, traduit en réalité une interrogation sur la possibilité d’être en déficit : seul un bilan vitaminique prescrit par un médecin peut répondre précisément à cette question.

 

Quels sont les principaux types de carences nutritionnelles ?

La carence en vitamine D est la plus répandue dans les pays tempérés. En France, près de 80 % de la population présente un déficit en vitamine D, en particulier pendant la période hivernale, en raison d’une exposition solaire insuffisante. La vitamine D intervient dans le métabolisme phosphocalcique, l’immunité et la santé musculaire.

La carence en fer touche environ 25 % des femmes en âge de procréer et constitue la première cause d’anémie dans le monde. Elle se manifeste par une fatigue marquée, un essoufflement à l’effort, une pâleur et des vertiges. Le déficit en fer est également fréquent chez les sportifs d’endurance, les donneurs de sang réguliers et les personnes suivant un régime végétarien peu diversifié. La ferritine sérique est le marqueur de référence pour évaluer les réserves en fer : un taux inférieur à 30 µg/L signe un déficit, même en l’absence d’anémie.

Le déficit en vitamine B12 concerne principalement les personnes âgées (diminution de l’absorption gastrique liée à la gastrite atrophique), les patients sous inhibiteurs de la pompe à protons ou metformine, et les personnes suivant un régime végétalien, puisque la vitamine B12 est quasi exclusivement présente dans les produits d’origine animale. Le déficit en vitamine C, plus rare en France, se manifeste par une fragilité cutanée, des saignements gingivaux et une cicatrisation ralentie. Les déficits en vitamine B6, en magnésium et en zinc complètent le tableau des carences les plus fréquemment observées en pratique clinique.

 

Pourquoi les carences nutritionnelles sont-elles fréquentes ?

Malgré une offre alimentaire abondante, les carences alimentaires restent fréquentes dans les pays développés. Plusieurs facteurs expliquent ce paradoxe.

L’appauvrissement nutritionnel des aliments transformés est le premier responsable. Le raffinage des céréales, la cuisson prolongée, l’ajout de conservateurs et la stérilisation réduisent considérablement la densité en micronutriments des produits consommés. Le Dr Didier Chos, médecin et président de l’IEDM, fondateur de la micronutrition en France, souligne que la transition vers une alimentation ultra-transformée a créé un nouveau phénomène : des individus suralimentés en calories mais sous-nourris en micronutriments.

Le Pr Walter C. Willett, professeur d’épidémiologie et de nutrition à Harvard T.H. Chan School of Public Health et nutritionniste le plus cité au monde (+2 000 publications), a documenté à travers les cohortes Nurses’ Health Study et Health Professionals Follow-up Study que même dans un pays d’abondance comme les États-Unis, des déficits significatifs en vitamine D, en magnésium et en vitamine E persistent dans la population générale.

Les régimes restrictifs (végétalisme non supplémenté, régimes d’exclusion, régimes hypocaloriques) augmentent mécaniquement le risque de déficit. Enfin, des facteurs individuels (grossesse, allaitement, croissance, vieillissement, maladies digestives, médicaments) modifient les besoins ou l’absorption des nutriments, créant des situations de vulnérabilité spécifiques.

 

L’analyse de nos experts : quels facteurs favorisent le manque en vitamines et minéraux ?

Le Pr Bruce N. Ames, biochimiste à l’université de Californie à Berkeley et membre de la National Academy of Sciences, a développé la « théorie du triage » qui éclaire le mécanisme des déficits modérés. Selon cette théorie, lorsque l’apport en un micronutriment est légèrement insuffisant, l’organisme priorise les fonctions vitales à court terme au détriment des fonctions de prévention à long terme (réparation de l’ADN, protection antioxydante). Ce mécanisme explique pourquoi un déficit chronique modéré, sans symptôme apparent, peut accélérer le vieillissement et augmenter le risque de maladies chroniques.

Le Pr Luc Cynober, pharmacien-biochimiste, professeur de nutrition à la faculté de pharmacie de Paris-Descartes et ancien président de la SFNEP (Société francophone nutrition clinique et métabolisme), précise que l’évaluation du statut en micronutriments ne peut se limiter aux dosages sanguins classiques. Certains déficits, comme celui du magnésium intracellulaire ou du zinc fonctionnel, nécessitent des marqueurs spécifiques souvent non inclus dans un bilan nutritionnel standard.

Le Dr Didier Chos identifie quant à lui cinq facteurs aggravants fréquemment rencontrés en consultation de micronutrition : une alimentation monotone et peu variée, une consommation excessive d’alcool (qui augmente les besoins en vitamines B), un tabagisme actif (qui détruit la vitamine C), un stress chronique (qui épuise les réserves de magnésium) et une pathologie digestive altérant l’absorption (maladie cœliaque, maladie de Crohn, gastrite atrophique).

 

Carences en vitamines vs carences en minéraux : quelles différences ?

Les vitamines et les minéraux diffèrent par leur nature chimique, leur métabolisme et les conséquences cliniques de leur déficit.

Les vitamines sont des molécules organiques que l’organisme ne peut synthétiser en quantité suffisante (sauf la vitamine D en présence de soleil). Elles sont classées en vitamines liposolubles (A, D, E, K, stockées dans les graisses) et hydrosolubles (vitamines B, vitamine C, éliminées quotidiennement par les reins). Les carences en vitamines hydrosolubles apparaissent plus rapidement (quelques semaines à quelques mois) que les carences en vitamines liposolubles (plusieurs mois à plusieurs années).

Les minéraux sont des éléments inorganiques répartis en macrominéraux (calcium, magnésium, phosphore, potassium) et oligo-éléments (fer, zinc, sélénium, iode, cuivre). Leurs carences se développent généralement plus lentement, car l’organisme dispose de mécanismes de régulation (stockage osseux pour le calcium, réserve hépatique pour le fer). Cependant, lorsque ces réserves sont épuisées, les conséquences peuvent être sévères : anémie ferriprive, hypocalcémie, dysfonctionnement thyroïdien (carence en iode). Cette distinction a des implications pratiques pour le bilan nutritionnel : un dosage sanguin unique ne suffit pas toujours, et certains déficits nécessitent des marqueurs spécifiques.

 

Comment reconnaître une carence légère ou plus importante ?

Les symptômes d’une carence dépendent du nutriment concerné et de la sévérité du déficit. Certains signaux sont néanmoins communs à de nombreux déficits nutritionnels. Carences et fatigue forment un lien étroit : le fer, le magnésium, les vitamines B et la vitamine D participent tous à la production d’énergie cellulaire. La carence et la somnolence sont également liées, en particulier lorsque le déficit touche le magnésium ou la vitamine D.

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Carence en fer

Pâleur, essoufflement à l’effort, fatigue marquée, vertiges. La ferritine basse est le marqueur de référence, même en l’absence d’anémie.

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Carence en magnésium

Crampes musculaires, irritabilité, troubles du sommeil, paupère qui tressaute. Le stress chronique épuise les réserves.

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Carence en vitamine D

Douleurs osseuses et musculaires, fatigue hivernale, infections à répétition. Touche 80 % des Français en hiver.

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Carence en vitamine B12

Fourmillements, troubles de la mémoire, vertiges. Fréquente chez les végétaliens et les personnes âgées.

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Carence en vitamine C

Saignement des gencives, cicatrisation ralentie, fragilité cutanée. Plus rare, mais à surveiller chez les fumeurs.

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Carence en zinc

Peau sèche, ongles cassants, chute de cheveux, infections répétées. Le zinc est souvent oublié dans les bilans standards.

Seule une prise de sang carence (bilan nutritionnel ciblé) permet de confirmer objectivement un déficit. Le Pr Hercberg précise que l’auto-diagnostic est à proscrire : les symptômes étant peu spécifiques, un bilan vitaminique prescrit par un professionnel de santé est indispensable pour orienter correctement la prise en charge.

 

Nos conseils d’experts pour prévenir les déficits en nutriments

La prévention des carences repose en premier lieu sur une alimentation variée et équilibrée, fondée sur des produits peu transformés. Le modèle méditerranéen, riche en fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes, poissons gras et huile d’olive, couvre la grande majorité des besoins en micronutriments pour un adulte en bonne santé. L’étude SU.VI.MAX pilotée par le Pr Hercberg a démontré qu’une supplémentation quotidienne en vitamines et minéraux antioxydants à doses nutritionnelles réduisait significativement le risque de cancer chez les hommes présentant un statut antioxydant initial bas.

Le Pr Walter Willett préconise, dans son ouvrage de référence Eat, Drink, and Be Healthy, une approche fondée sur la qualité des aliments plutôt que sur le comptage calorique : privilégier les céréales complètes, les graisses végétales insaturées, les protéines diversifiées et une abondance de fruits et légumes de saison.

Lorsque l’alimentation seule ne suffit pas, un complément alimentaire carences ciblé peut être recommandé. Le Dr Chos insiste sur l’importance de la personnalisation : un bilan nutrition santé initial permet d’identifier les déficits spécifiques et d’éviter une supplémentation inadaptée. Le Pr Cynober, auteur de Tout sur les compléments alimentaires (Odile Jacob), rappelle que la prise de compléments « à l’aveugle » expose à des surdosages (particulièrement pour les vitamines liposolubles A et D) ou à une inefficacité thérapeutique.

 

La routine recommandée par nos experts pour maintenir un bon équilibre nutritionnel

Maintenir un équilibre nutritionnel au quotidien ne nécessite pas de suivre un régime complexe, mais d’adopter quelques habitudes structurantes.

Au petit-déjeuner, inclure une source de protéines (œuf, yaourt, fromage) et un fruit entier fournit des vitamines B, du calcium, de la vitamine C et des fibres. Au déjeuner et au dîner, composer l’assiette en associant une protéine animale ou végétale, une portion de légumes verts (source de magnésium, vitamine B9, potassium) et une portion de féculents complets (vitamines B, fer, zinc).

Les collations peuvent être l’occasion d’intégrer des oléagineux (amandes, noix) riches en magnésium, vitamine E et zinc, ou des fruits secs riches en fer. En période hivernale, une supplémentation en vitamine D (800 à 1 000 UI par jour) est recommandée par les autorités sanitaires françaises.

Les changements de saison (automne, printemps) sont des périodes propices pour réaliser un bilan nutritionnel de contrôle et ajuster sa complémentation si nécessaire. Une cure de compléments alimentaires ciblés (multivitamines, magnésium, fer selon les besoins) d’une durée de 1 à 3 mois permet de restaurer les réserves avant les périodes de sollicitation accrue.

 

Les nutriments indispensables pour soutenir l’organisme au quotidien

Parmi la trentaine de vitamines et minéraux nécessaires à l’organisme, certains méritent une attention particulière en raison de la fréquence de leurs déficits.

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Fer

Participe au transport de l’oxygène via l’hémoglobine et à la production d’énergie cellulaire. Première carence mondiale.

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Magnésium

Intervient dans plus de 300 réactions enzymatiques, dont la détente musculaire, la régulation du stress et le sommeil.

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Vitamine D

Soutient l’immunité, la santé osseuse et la fonction musculaire. Sa synthèse dépend de l’exposition au soleil.

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Vitamine B12

Indispensable au fonctionnement neurologique et à la synthèse des globules rouges. Absent des sources végétales.

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Vitamine C

Renforce les défenses antioxydantes et favorise l’absorption du fer végétal. Détruite par la cuisson prolongée.

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Zinc

Soutient l’immunité, la cicatrisation et la santé de la peau. Souvent déficitaire chez les personnes âgées.

La vitamine B, au sens large du complexe B, intervient dans le métabolisme énergétique et la synthèse des neurotransmetteurs. Le Pr Ames souligne que les déficits en ces micronutriments miment, à l’échelle cellulaire, les effets des radiations ionisantes sur l’ADN : cassures simple et double brin, lésions oxydatives. Cette découverte renforce l’urgence de prévenir les déficits, même modérés, pour protéger le patrimoine génétique à long terme.

 

Carences nutritionnelles et mode de vie : alimentation, stress et fatigue

Le mode de vie influence directement le statut nutritionnel, parfois de manière insoupçonnée.

Le stress chronique augmente la consommation de magnésium par l’organisme, créant un cercle vicieux : le déficit en magnésium amplifie la réactivité au stress, qui à son tour épuise davantage les réserves. Le cortisol, hormone du stress, augmente par ailleurs l’excrétion urinaire du magnésium et du zinc, accentuant le déficit. Ce mécanisme explique pourquoi carences et fatigue sont si souvent associées dans les périodes de tension professionnelle ou personnelle.

Le manque de sommeil perturbe la régulation hormonale de l’appétit et oriente les choix alimentaires vers des produits gras et sucrés, pauvres en micronutriments. La sédentarité réduit les besoins caloriques sans diminuer les besoins en vitamines et minéraux, rendant plus difficile l’atteinte des apports recommandés.

Le tabagisme détruit la vitamine C (les fumeurs ont des besoins en vitamine C environ 35 mg plus élevés que les non-fumeurs) et la consommation régulière d’alcool altère l’absorption et le métabolisme des vitamines B, en particulier la vitamine B1 (thiamine) et la vitamine B9 (acide folique).

 

Quand consulter un professionnel de santé ?

Bien que de nombreux déficits puissent être prévenus par l’alimentation, certaines situations justifient une consultation médicale et la réalisation d’une prise de sang carence ciblée.

Consultez votre médecin si vous ressentez une fatigue persistante depuis plus de quatre semaines sans cause identifiée, si vous observez des signes évocateurs (pâleur, chute de cheveux, ongles cassants, crampes répétées, troubles de la concentration, carence et vertiges), si vous suivez un régime d’exclusion (végétalisme, sans gluten, sans lactose), si vous êtes enceinte ou allaitante, ou si vous prenez un traitement médicamenteux au long cours susceptible d’interférer avec l’absorption des nutriments.

Le bilan nutritionnel pourra inclure un dosage du fer et de la ferritine, de la vitamine D, de la vitamine B12, du magnésium, du zinc et de l’acide folique, selon le contexte clinique. Une numération formule sanguine (NFS) complète souvent ce bilan pour détecter une anémie. En parapharmacie, le pharmacien peut orienter vers les compléments alimentaires adaptés et identifier les situations nécessitant un avis médical.

 

Retrouvez tous nos compléments pour les carences nutritionnelles

 

Questions fréquentes sur les carences nutritionnelles

 

Les compléments alimentaires sont-ils utiles en cas de carence ?

Oui, lorsqu’un déficit est documenté par un bilan sanguin, un complément alimentaire carences ciblé peut corriger rapidement le déficit et soulager les symptômes associés. La supplémentation doit être adaptée en durée et en dosage : une prise au hasard, sans diagnostic préalable, peut être inefficace voire contre-productive (excès de vitamine A, de fer ou de zinc). Le suivi par un professionnel de santé garantit une supplémentation sécurisée et efficace.

 

Peut-on corriger une carence uniquement avec l’alimentation ?

Pour les déficits légers, un rééquilibrage alimentaire ciblé peut suffire. En revanche, pour les carences avérées (ferritine très basse, vitamine B12 effondrée, vitamine D inférieure à 20 ng/mL), l’alimentation seule ne permet pas de reconstituer les réserves dans un délai raisonnable. Une supplémentation médicamenteuse ou en compléments alimentaires est alors nécessaire, en association avec des ajustements alimentaires pour prévenir la récidive.

 

Quels sont les aliments à éviter en cas de déficit en nutriments ?

Certains aliments ou boissons interfèrent avec l’absorption des micronutriments. Le thé et le café, consommés au cours du repas, réduisent l’absorption du fer non héminique de 40 à 60 %. Les phytates (présents dans les céréales complètes non trempées) chélatent le zinc et le fer. L’alcool altère le métabolisme des vitamines B. Privilégiez la consommation de thé et café en dehors des repas, et associez les sources de fer végétal à de la vitamine C (citron, poivron) pour en optimiser l’absorption.

 

Le manque de vitamines peut-il provoquer de la fatigue ?

Oui, la fatigue est le symptôme le plus fréquent des carences nutritionnelles. Les vitamines B (B1, B6, B9, B12), le fer, le magnésium et la vitamine D participent directement à la production d’énergie par les mitochondries. Un déficit en l’un de ces nutriments ralentit le métabolisme énergétique cellulaire, provoquant une sensation de fatigue disproportionnée par rapport à l’effort fourni.

 

Quelles populations sont les plus à risque de carences ?

Les femmes enceintes et allaitantes, les personnes âgées, les adolescents en pleine croissance, les personnes suivant des régimes restrictifs, les sportifs de haut niveau et les patients atteints de maladies digestives chroniques sont les populations les plus exposées. Les nourrissons et les enfants en bas âge nécessitent également une attention particulière, notamment pour la vitamine D, le fer et l’iode. Les personnes opérées d’une chirurgie bariatrique présentent un risque accru de carences multiples et doivent bénéficier d’un suivi nutritionnel à vie.

 

Nos vidéos sur la nutrition

 

Nos articles pour mieux comprendre et prévenir les carences nutritionnelles

 

Sources

Experts :

Pr Serge Hercberg : Épidémiologiste et nutritionniste, Professeur à l’université Sorbonne Paris Nord, ancien directeur de l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (EREN, Inserm/INRAe/CNAM). Investigateur principal des études SU.VI.MAX et NutriNet-Santé. Concepteur du Nutri-Score. Ancien président du PNNS (2001-2018). Auteur de plus de 930 publications scientifiques internationales. PubMed — Hercberg S.

Dr Didier Chos : Médecin, président de l’IEDM (Institut européen de diététique et de micronutrition). Médecin du sport, ancien consultant nutritionnel de l’équipe de France de natation. Cofondateur de la micronutrition en France. Co-responsable du DU « Micronutrition » (Université de Strasbourg). Auteur de En bonne santé grâce à la micronutrition (Albin Michel, 2014). IEDM — Institut européen de diététique et de micronutrition

Pr Bruce N. Ames : Biochimiste, Professor Emeritus of Biochemistry and Molecular Biology à l’Université de Californie à Berkeley (États-Unis). Membre de la National Academy of Sciences. Inventeur du test d’Ames (1970). Auteur de la « théorie du triage » sur les conséquences des déficits en micronutriments. Lauréat du Japan Prize (1997) et du Tyler Prize (1985). PubMed — Ames BN.

Pr Luc Cynober : Pharmacien-biochimiste, Professeur de nutrition à la faculté de pharmacie Paris-Descartes (Université Paris Cité). Ancien chef du service de biochimie inter-hospitalier Cochin-Hôtel-Dieu (AP-HP). Membre titulaire de l’Académie nationale de pharmacie, membre correspondant de l’Académie nationale de médecine. Ancien président de la SFNEP (Société francophone nutrition clinique et métabolisme). Rédacteur en chef de Current Opinion in Clinical Nutrition and Metabolic Care. Auteur de plus de 400 publications scientifiques et de Tout sur les compléments alimentaires (Odile Jacob, 2017). PubMed — Cynober L.

Pr Walter C. Willett : Médecin-épidémiologiste, Professeur d’épidémiologie et de nutrition à Harvard T.H. Chan School of Public Health (États-Unis). Ancien directeur du département de Nutrition de Harvard pendant 25 ans. Membre de la National Academy of Medicine. Auteur de plus de 2 000 publications scientifiques. Nutritionniste le plus cité au monde. Auteur de Eat, Drink, and Be Healthy (Simon & Schuster) et du manuel de référence Nutritional Epidemiology (Oxford University Press). PubMed — Willett WC.

 

Références institutionnelles et scientifiques

VIDAL : Fiches « Carences en vitamines et minéraux » : définitions, symptômes, traitements, recommandations de supplémentation. vidal.fr 

ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) : Références nutritionnelles en vitamines et minéraux (révisées 2021). Évaluation des risques liés aux compléments alimentaires. Tables Ciqual de composition nutritionnelle des aliments. anses.fr 

HAS (Haute Autorité de Santé) : Recommandations sur le dosage de la vitamine D, le dépistage de la carence en fer, le diagnostic de l’anémie. has-sante.fr

Inserm : Dossiers d’information « Nutrition et santé » : mécanismes d’absorption des micronutriments, rôle du microbiote intestinal, carences et maladies chroniques. inserm.fr

PNNS / Manger Bouger (Santé publique France) : Recommandations nutritionnelles officielles françaises : repères alimentaires, activité physique, outils d’information pour la population.mangerbouger.fr

OMS (Organisation Mondiale de la Santé) : Rapports sur les carences en micronutriments dans le monde : fer, vitamine A, iode, zinc. who.int 

Ciqual — ANSES : Table de composition nutritionnelle des aliments : base de données de référence française pour connaître la teneur en vitamines et minéraux de chaque aliment. ciqual.anses.fr

SFNEP / SFNCM (Société francophone nutrition clinique et métabolisme) : Recommandations de bonne pratique en nutrition clinique, formation continue pour les professionnels de santé. sfncm.org

 

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